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L' épanouissement de I 'homme par le travail considéré
comme la valeur essentielle, tel est le but du libéralisme,
dont la tâche de régulation entre offre et demande en
est le moyen ; avec comme alliés naturels l'initiative privée
et la libre concurrence, comment pourrait-il s'épanouir autrement
que sur le terreau de la démocratie dont il est le pendant
? L' exemple ne nous en est-il pas donné par les Américains,
superbes vainqueurs de la rivalité économique du XXème,
qui, s'ils s'accommodent parfois sur les théâtres extérieurs
de fréquentations plus ou moins orthodoxes, n'en donnent pas
moins chez eux l'exemple de la démocratie la plus rigoureuse,
s 'efforçant de garantir la liberté du citoyen ainsi
que son bien-être, son bonheur dit la constitution, par le truchement
d 'un libéralisme imaginatif.
Que lui
aura-t-on opposé sinon le collectivisme puis l'économie
planifiée, c'est-à-dire un concept qui ratisse large
et qui propose certes la sécurité, mais qui en conditionne
l' application à un nivellement par le bas et à la
médiocrité; l'erreur toutefois serait d'en sous-estimer
la résonance, surtout dans le contexte de la prolifération
et du déferlement humain mondial qui se met en place à
partir des années 1960/70 et qu'on appelle aussi la mondialisation.
En effet,
malgré quelques échecs retentissants notamment en
Europe de l'Est, le collectivisme dispose d'une audience large,
son argumentation s'articule autour de thèmes simples, voire
simplistes, démagogiques prétendent d'aucuns : " Les
caisses de l'Etat sont pleines et les patrons sont riches! " ; en
face de cette proposition radicale et rassembleuse, n 'y a-t-il
pas nécessité d'une contre-proposition objective et
lucide ? dans ces conditions, le libéralisme ne fait-il pas
parfois pâle figure, n'appelle- t-il pas à une réflexion
hors de portée de beaucoup d'électeurs, ne manque-t-il
pas politiquement de consistance ? Il faudra attendre encore quelques
années pour comprendre que ponctionner les uns pour distribuer
aux autres, ne peut-être qu'un palliatif et que seule l'activité
permet le progrès, le renouveau et la prospérité."
Extrait
de l'ouvrage de Phillipe Enrique : "XXème siècle"
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(ISBN 2-9521028-0-5)