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Editos

 


Edito Janvier 2004 :

Aux compagnons de la première heure…

La première assemblée générale de Debout la France a été l'occasion de faire un point retraçant les étapes essentielles depuis la fondation. Parution au Journal Officiel, dépôt du nom, mise en ligne d'un site national, édition d'une plaquette programme, structuration sur plusieurs départements attestent de la capacité de notre équipe à avancer et se mettre en ordre de bataille. Le chemin qui reste à parcourir sera long, dur et semé d'embûches. Nous le savons ! Mais seul compte la manière dont Debout la France marchera sur ce chemin.

Aux compagnons de la première heure, à celles et ceux qui partagent cette aventure, aux adhérents sans le soutien desquels rien jamais n'est possible, à toutes, à tous, j'adresse mon remerciement. Société en déshérence, monde aux contours incertains, j'appelle enfin les hésitants à se joindre maintenant au combat que mène Debout la France contre la dissolution des valeurs et la dilution des couleurs.

L'ouverture de la discussion parlementaire consacrée au port du voile dans les écoles illustre à la caricature la responsabilité de gouvernants successifs dans un débat qui faute d'avoir été tranché à temps, force maintenant à la radicalisation de l'institution républicaine. Là où il fallait immédiatement opposer à l'obscurantisme le langage de la fermeté, nos gouvernants au prétexte de la paix sociale se sont refilé comme une patate chaude le traitement d'une tumeur fondamentaliste sapant les bases de notre société et les fondements de notre civilisation. Abandonner proviseurs, professeurs et élèves en première ligne face aux barbus des quartiers, n'aura finalement consisté qu'à reculer pour mieux sauter sous une pression citoyenne opposée au phagocytage communautariste de l'institution républicaine.

Le principe républicain de "neutralité" à bon dos et il faudra bien se décider à dire, que non décidément non, toutes les religions qu'on veut concerner indistinctement ne sont pas égales par ailleurs. Il ne suffit pas de rappeler que telle église a eu ses inquisiteurs ; il faut préciser que ceux-ci ont disparu, quand d'autres prescrivent à la femme de 2004 d'occulter son visage et enjoignent la lapidation de celle, adultère. Davantage que la question des religions, la responsabilité et l'honneur de la représentation nationale serait donc de poser plutôt celle des droits de l'Homme dans le sens de leur universalité.

A travers la question du voile islamique dans les écoles, c'est notre société tout entière qui est confrontée à sa propre perte de valeurs morales. Refuser l'abaissement de la femme quand son statut conjugue sa condition avec celle d'une humiliation permanente est une chose. Mais alors si l'on est opposé au mariage forcé, la dissimulation de la chevelure et la restriction de sorties, eh bien il faut aussi refuser que la femme soit affichée comme objet sexuel de façon si justement ostensible et continue sur nos écrans télévisés, dans nos magazines, Internet et partout ailleurs… à dénoncer l'assujettissement de la femme ici et refuser de voir son exploitation là, on alimente le fond de commerce des barbus du fondamentalisme.

Sur la laïcité, rappelons d'abord que celle-ci constitue l'un des principes fondateurs de notre république. Basée sur le refus de reposer sur des vérités révélées, la laïcité est "un espace garantissant la liberté de conscience et d'expression des personnes dans le cadre strict du respect de l'ordre public." De ce point de vue il est évident que le temps est venu de lancer un avertissement clair, s'agissant pour l'occurrence de rappeler plusieurs des principes fondateurs de notre identité républicaine :

La laïcité assure d'abord à l'individu le droit de pratiquer la religion de son choix, comme de n'en pratiquer aucune. Ensuite, la laïcité passe nécessairement par la séparation de l'État et des Églises, aucune ne devant interférer dans la conduite des affaires politiques du pays. De fait la République garanti le droit d'expression aux groupes dont elle est constituée, sans toutefois leur consentir de privilèges contre le droit commun de citoyens réputés tous égaux devant la loi. C'est à ce titre qu'il faut dire par la loi, que les religions n'ont pas plus droit de manifestation au sein de l'administration fonctionnaire que des écoles publiques.

Christian Stryhanin
Debout la France

Servir. Ne pas se servir.
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