La première
assemblée générale de Debout la France a été
l'occasion de faire un point retraçant les étapes essentielles
depuis la fondation. Parution au Journal Officiel, dépôt
du nom, mise en ligne d'un site national, édition d'une plaquette
programme, structuration sur plusieurs départements attestent
de la capacité de notre équipe à avancer et se
mettre en ordre de bataille. Le chemin qui reste à parcourir
sera long, dur et semé d'embûches. Nous le savons ! Mais
seul compte la manière dont Debout la France marchera sur ce
chemin.
Aux compagnons
de la première heure, à celles et ceux qui partagent
cette aventure, aux adhérents sans le soutien desquels rien
jamais n'est possible, à toutes, à tous, j'adresse mon
remerciement. Société en déshérence, monde
aux contours incertains, j'appelle enfin les hésitants à
se joindre maintenant au combat que mène Debout la France contre
la dissolution des valeurs et la dilution des couleurs.
L'ouverture de
la discussion parlementaire consacrée au port du voile dans
les écoles illustre à la caricature la responsabilité
de gouvernants successifs dans un débat qui faute d'avoir été
tranché à temps, force maintenant à la radicalisation
de l'institution républicaine. Là où il fallait
immédiatement opposer à l'obscurantisme le langage de
la fermeté, nos gouvernants au prétexte de la paix sociale
se sont refilé comme une patate chaude le traitement d'une
tumeur fondamentaliste sapant les bases de notre société
et les fondements de notre civilisation. Abandonner proviseurs, professeurs
et élèves en première ligne face aux barbus des
quartiers, n'aura finalement consisté qu'à reculer pour
mieux sauter sous une pression citoyenne opposée au phagocytage
communautariste de l'institution républicaine.
Le principe républicain
de "neutralité" à bon dos et il faudra bien
se décider à dire, que non décidément
non, toutes les religions qu'on veut concerner indistinctement ne
sont pas égales par ailleurs. Il ne suffit pas de rappeler
que telle église a eu ses inquisiteurs ; il faut préciser
que ceux-ci ont disparu, quand d'autres prescrivent à la femme
de 2004 d'occulter son visage et enjoignent la lapidation de celle,
adultère. Davantage que la question des religions, la responsabilité
et l'honneur de la représentation nationale serait donc de
poser plutôt celle des droits de l'Homme dans le sens de leur
universalité.
A travers la question
du voile islamique dans les écoles, c'est notre société
tout entière qui est confrontée à sa propre perte
de valeurs morales. Refuser l'abaissement de la femme quand son statut
conjugue sa condition avec celle d'une humiliation permanente est
une chose. Mais alors si l'on est opposé au mariage forcé,
la dissimulation de la chevelure et la restriction de sorties, eh
bien il faut aussi refuser que la femme soit affichée comme
objet sexuel de façon si justement ostensible et continue sur
nos écrans télévisés, dans nos magazines,
Internet et partout ailleurs
à dénoncer l'assujettissement
de la femme ici et refuser de voir son exploitation là, on
alimente le fond de commerce des barbus du fondamentalisme.
Sur la laïcité,
rappelons d'abord que celle-ci constitue l'un des principes fondateurs
de notre république. Basée sur le refus de reposer sur
des vérités révélées, la laïcité
est "un espace garantissant la liberté de conscience et
d'expression des personnes dans le cadre strict du respect de l'ordre
public." De ce point de vue il est évident que le temps
est venu de lancer un avertissement clair, s'agissant pour l'occurrence
de rappeler plusieurs des principes fondateurs de notre identité
républicaine :
La laïcité
assure d'abord à l'individu le droit de pratiquer la religion
de son choix, comme de n'en pratiquer aucune. Ensuite, la laïcité
passe nécessairement par la séparation de l'État
et des Églises, aucune ne devant interférer dans la
conduite des affaires politiques du pays. De fait la République
garanti le droit d'expression aux groupes dont elle est constituée,
sans toutefois leur consentir de privilèges contre le droit
commun de citoyens réputés tous égaux devant
la loi. C'est à ce titre qu'il faut dire par la loi, que les
religions n'ont pas plus droit de manifestation au sein de l'administration
fonctionnaire que des écoles publiques.
Christian Stryhanin
Debout la France