Tribune parue dans le Figaro
du 27 juin
La Gay Pride serait-elle
devenue lun de ces rendez-vous incontournables du monde politique
où, comme le 14 juillet et le 1er mai, tous les partis doivent
être absolument présents ? Le trajet « place dItalie
place de la République » sera-t-il, ce samedi
après midi, léquivalent pour la classe politique
du « République Denfert-Rochereau » des
syndicalistes ?
Cest en
tout cas mon impression quand je vois que, comme dautres, lUMP
sest sentie obligée dêtre officiellement
représentée au « défilé des fiertés
».
Il nest
pas question pour moi de prolonger, près de cinq ans après
le vote de la loi, le débat contre le Pacs. Mon engagement
répondait alors à dautres exigences et si jai
toujours pensé que de bonnes questions avaient été
posées à cette occasion, je continue de croire quaucune
réponse valable na été apportée.
Parce quil porte notamment atteinte au nécessaire respect
de la vie privée de chacun, ce texte ne me semblait pas acceptable
et les difficultés effectivement rencontrées par des
partenaires homosexuels ne sauraient être sérieusement
atténuées par des dispositions que je crois toujours
imparfaites juridiquement.
Il nest
pas non plus bien sûr question de dénier tout rôle
aux partis politiques dans la lutte contre les discriminations. Bien
au contraire, proches des préoccupations de tous les français,
il nous appartient notamment de lutter contre toutes les formes dintolérance
qu'elles proviennent du racisme, de l'intolérance religieuse,
du sexisme ou de l'homophobie. Il reste que les partis politiques
ne sont ni des mouvements sociaux, ni des syndicats, ni des groupes
dintérêt particulier. Ils sont clairement organisés
dans le but de promouvoir, au contraire, lintérêt
général. Nous devons tirer les leçons du 21 avril
2002 et placer notre mouvement à la remorque des communautarismes
de tous horizons ne me semble pas une réponse appropriée.
Entendre et comprendre
la communauté homosexuelle cest certes sattacher
à trouver des solutions aux problèmes de succession,
aux difficultés de la vie quotidienne, mais cest surtout,
et dabord pour un parti politique, soccuper de lavenir
des retraites, lutter efficacement contre le chômage et veiller
à rendre notre système de santé plus performant.
Cest construire une France plus juste dans laquelle chacun aura
sa place, ce que fait avec efficacité le gouvernement depuis
plus dun an.
La droite républicaine
na jamais été complexée par lhomosexualité.
LUMP na donc pas besoin, aujourdhui, de sadonner
à un quelconque prosélytisme.
Cest pour
toutes ces raisons que jai accueilli, si ce nest avec
stupéfaction tout au moins avec une certaine réserve,
lannonce de la présence de lUMP à la Gay
Pride. « Ce nest pas la rue qui gouverne », à
plus forte raison quand ceux qui sy trouvent y font, et ils
ont raison, la fête. Plus simplement, je considère quil
nappartient pas aux élus des partis de défiler
en tant que tel dans une manifestation qui se veut dabord être,
enfin le croyais-je, un rassemblement festif et apolitique.
Thierry Mariani
-27 juin 2005