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Traité constitutionnel : Le Conseil Constitutionnel entre équilibrisme et politique de l'autruche.
Jacques Myard
Député des Yvelines
Président de Nation et République


 

La décision du Conseil Constitutionnel du 19 novembre 2004 relative à l'examen du Traité établissant une Constitution pour l'Europe est un bel exercice d'équilibrisme qui laisse sceptique et traduit le refus catégorique du juge constitutionnel d'admettre l'évidence.

Le juge constitutionnel réaffirme que la Constitution française est au sommet de l'ordre juridique interne, alors que le Traité constitutionnel relève de l'ordre international et fonctionnerait sur le modèle communautaire dans « le respect des identités nationales des Etats membres inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles ». Il en tire la conclusion que ce Traité ne modifie pas la nature de l'Union européenne, ni la portée du principe de primauté du droit de l'Union.

Pour le Conseil Constitutionnel, il n'y aurait rien de nouveau, mais rien n'est plus faux !

- C'est la première fois que le principe de primauté du droit communautaire est ainsi affirmé dans les Traités, alors même que le vote à la majorité qualifiée devient la règle et que la France n'évoque plus son droit de veto du compromis de Luxembourg qui passe à la trappe !

- Les termes « mode communautaire », interprétés comme étant l'exercice de la souveraineté des Etats agissant ensemble, traduit de la part du Conseil Constitutionnel, au mieux une totale naïveté, au pire son refus de regarder la réalité en face. Ce qui est inadmissible dans les deux cas.

- Le « mode communautaire » ne signifie rien d'autre que le fédéralisme, car le droit communautaire s'applique dans tous ses éléments en s'imposant à tous les ordres juridiques des Etats à tous niveaux, Constitutions comprises.

C'est une imposture d'affirmer comme le prétend le Conseil Constitutionnel que la Constitution demeure la norme suprême de l'ordre juridique français. C'est une contre-vérité !

Le projet de Traité est une Constitution fédérale et avec à sa tête la Cour de Justice européenne, le Conseil Constitutionnel devra se soumettre, même s'il affirme le contraire, sauf si le peuple rejette ce projet néfaste qui asservit la France : votons NON !


22 novembre 2004


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