I OrganisationQui sommes-nousAppel fondateurBureau exécutifConseil d'Orientations |
I CommuniquésIls ont dit | Activités | Cahiers | DossiersAdhérerAgenda | DLF chez vousContact | Liens | Accueil

Ils ont dit

 

Adhésion de la Turquie à l'Union européenne : le divin piège !
Jacques Myard
Député des Yvelines
Président de Nation et République


 

Jacques Myard dénonce le débat croupion et alibi sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne qui interdit de parole dans l'hémicycle nombre de députés. Cela est d'autant plus inacceptable que l'absence de vote à ce stade, légitime pour des raisons constitutionnelles transforme l'exercice en débat académique exempt de risques. Les Français auront tout loisir de s'exprimer en votant non sur le traité constitutionnel en 2005 !

Toutefois, la question de l'adhésion de la Turquie constitue le révélateur par excellence des contradictions de l'actuelle construction de l'Europe et de sa totale inadéquation pour répondre à la réalité et aux défis du continent européen.

Le traité constitutionnel institue une fédération doublée d'un processus technocratique fortement centralisateur. Ce projet, s'il venait à être mis en oeuvre, est une véritable fuite en avant, voué à l'échec car il va constituer une camisole de force pour les 25, bientôt 27 Etats européens avec l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie -, et sans doute davantage, sans même la Turquie.

Cette prétendue constitution, née de l'esprit de système, est pure utopie. Elle veut faire de l'Europe qui est diversité par excellence une sorte de kibboutz ou de phalanstère.

Il est manifeste pour des raisons sociologiques la Turquie ne peut entrer dans cette Europe fédérale qui implosera en tout état de cause. Chacun comprendra dès lors pourquoi les utopistes fédéralistes, au parti socialiste et surtout à l'UDF, vocifèrent alors que leurs chimères s'écroulent.

Mais que les fédéralistes le veuillent ou non, la Turquie fait partie, depuis plus de quatre siècles, de l'équilibre géostratégique européen. C'est une réalité qui s'impose au-delà des rêves.

Dans ces conditions, vouloir rejeter la Turquie est un non sens, une faute sans appel car la raison demande de la prendre en compte. La raison commande de construire une Europe qui tiennent compte de ses réalités, une Europe des Nations, un Conseil de sécurité européen englobant la Turquie - comme, le moment venu, la Russie - où chacun gardera sa souveraineté en coopérant.

Voilà pourquoi la question de l'adhésion turque est un divin piège. La construction à marche forcée de l'Europe fédérale, qui serait conforme, selon ses utopistes, au sens de l'histoire, se referme sur ces apprentis sorciers comme un piège.

Les Français les sanctionneront sans appel en votant non au traité constitutionnel.

14 octobre 2004

Servir. Ne pas se servir.
DLF Seine-Maritime DLF Aisne DLF Val d'Oise DLF Charente-Maritime DLF Tarn DLF Gard DLF Vaucluse