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Janvier 2004 - DLF
communique :
S'opposer
à l'obscurantisme :
L'ouverture
de la discussion parlementaire consacrée au port du voile dans
les écoles illustre à la caricature la responsabilité
de gouvernants successifs dans un débat qui faute d'avoir été
tranché à temps, force maintenant à la radicalisation
de l'institution républicaine.
Là où il fallait immédiatement opposer à
l'obscurantisme le langage de la fermeté, nos gouvernants au
prétexte de la paix sociale se sont refilé comme une patate
chaude le traitement d'une tumeur fondamentaliste sapant les bases de
notre société et les fondements de notre civilisation.
Abandonner proviseurs, professeurs et élèves en première
ligne face aux barbus des quartiers, n'aura finalement consisté
qu'à reculer pour mieux sauter sous une pression citoyenne opposée
au phagocytage communautariste de l'institution républicaine.
Le principe républicain de "neutralité" à bon dos
et il faudra bien se décider à dire, que non décidément
non, toutes les religions qu'on veut concerner indistinctement ne sont
pas égales par ailleurs. Il ne suffit pas de rappeler que telle
église a eu ses inquisiteurs ; il faut préciser que ceux-ci
ont disparu, quand d'autres prescrivent à la femme de 2004 d'occulter
son visage et enjoignent la lapidation de celle, adultère. Davantage
que la question des religions, la responsabilité et l'honneur
de la représentation nationale serait donc de poser plutôt
celle des droits de l'Homme dans le sens de leur universalité.
A travers la question du voile islamique dans les écoles, c'est
notre société tout entière qui est confrontée
à sa propre perte de valeurs morales. Refuser l'abaissement de
la femme quand son statut conjugue sa condition avec celle d'une humiliation
permanente est une chose. Mais alors si l'on est opposé au mariage
forcé, la dissimulation de la chevelure et la restriction de
sorties, eh bien il faut aussi refuser que la femme soit affichée
comme objet sexuel de façon si justement ostensible et continue
sur nos écrans télévisés, dans nos magazines,
Internet et partout ailleurs
A dénoncer l'assujettissement
de la femme ici et refuser de voir son exploitation là, on alimente
le fond de commerce des barbus du fondamentalisme.
Sur la laïcité, rappelons d'abord que celle-ci constitue
l'un des principes fondateurs de notre république. Basée
sur le refus de reposer sur des vérités révélées,
la laïcité est "un espace garantissant la liberté
de conscience et d'expression des personnes dans le cadre strict du
respect de l'ordre public."
De ce point de vue il est évident que le temps est venu de lancer
un avertissement clair, s'agissant pour l'occurrence de rappeler plusieurs
des principes fondateurs de notre identité républicaine
: la
laïcité assure d'abord à l'individu le droit de pratiquer
la religion de son choix, comme de n'en pratiquer aucune.
Ensuite, la laïcité passe nécessairement par la séparation
de l'État et des Églises, aucune ne devant interférer
dans la conduite des affaires politiques du pays. De fait la République
garanti le droit d'expression aux groupes dont elle est constituée,
sans toutefois leur consentir de privilèges contre le droit commun
de citoyens réputés tous égaux devant la loi. C'est
à ce titre qu'il faut dire par la loi, que les religions n'ont
pas plus droit de manifestation au sein de l'administration fonctionnaire
que des écoles publiques.
Debout la France