3 bonnes raisons de refuser la Constitution européenne
Le projet de Constitution
européenne est devenu caduc suite à son rejet, en décembre
dernier, par le Conseil européen de Bruxelles. Aujourdhui,
profitant du brutal changement de majorité en Espagne, certains
voudraient cependant ressusciter le défunt texte avant les
élections européennes du 13 juin prochain. Cette ultime
manuvre ne changera rien à laffaire : il faut en
finir avec ce projet de Constitution européenne.
Il manque tout
dabord à ce projet de traité instituant une Constitution
européenne lessentiel, à savoir la légitimité
populaire.
La rédaction
dune Constitution suppose par définition lexistence
dun corps politique, dun pouvoir constituant originaire,
cest-à-dire, dans le cas despèce, dun
peuple européen. Or ce peuple européen nexiste
nullement à lheure actuelle. LEurope est composée
de peuples constitués en Nation avec leur États, leurs
langues et leurs traditions, mais de peuple européen il ny
a point. En conséquence, faute de peuple européen titulaire
dun pouvoir constituant européen, il ne saurait y avoir
de Constitution européenne.
Ensuite, malgré
son appellation et contrairement aux souhaits de ses instigateurs,
la Convention sur lavenir de lEurope, enceinte au sein
de laquelle le projet fut élaboré, ne pouvait en aucune
façon prétendre tenir le rôle dune hypothétique
assemblée constituante.
Les membres qui
siégèrent à la Convention, quil sagisse
des parlementaires nationaux ou européens, des représentants
des Gouvernements ou de la Commission, voire des représentants
de ce gadget quon appelle pompeusement « société
civile », navaient reçu aucun mandat des peuples
pour élaborer et rédiger un éventuel projet de
« Constitution européenne ». En définitive,
il a manqué à cette « assemblée constituante
dopérette » rien moins que lonction du suffrage
universel.
Enfin, les pressions
exercées sur le Conseil pour imposer le résultat des
travaux de la Convention à la Conférence intergouvernementale
chargée, en 2004, de la réforme des institutions communautaires,
comme du reste les initiatives lancées dernièrement
dans les couloirs du Parlement européen avec la complicité
de certains Gouvernement nationaux (dont hélas le Gouvernement
français !) pour sauver le projet, sont contraires au droit
communautaire !
En application
des règles énoncées dans le traité, sagissant
de la révision dudit traité, le pouvoir de négociation
et de décision revient exclusivement aux « Hautes parties
contractantes » - cest-à-dire aux représentants
des chefs dÉtat et de gouvernement - tandis que la ratification
des résultats sopère conformément aux traditions
constitutionnelles nationales. Autrement dit, les travaux de cette
Convention navaient aucune force contraignante au sein de la
Conférence intergouvernementale, et les multiples tentatives
visant à rendre « obligatoires » les conclusions
de la Convention ont constitué une violation particulièrement
grave de la procédure de révision des traités,
ce quil faut appeler un acte de forfaiture.