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A
l'approche des élections du 13 juin, Debout la France l'avait
dit : le départ à la bataille en ordre dispersé
donnait à penser que les souverainistes étaient convaincus
de faire un si bon résultat que peu leur importait de susciter
l'adhésion populaire la plus large possible.
Le résultat de ces élections confirme donc que là
où il y'avait tout lieu de s'associer au seul bénéfice
de la défense de l'intérêt national, la démarche
consistant à favoriser l'éparpillement des voix souverainistes
a fait le jeu des euro-fédéralistes de tout poil. Que
faut-il penser, lorsque placés dans le vent porteur et une vague
de fond évidente, on voit les souverainistes français
perdre d'une élection à l'autre la moitié de leurs
représentants au parlement européen ?
On peut incriminer certes la modification scélérate du
mode de scrutin dans un sens favorable aux eurobéats, l'absence
de débat national par découpage de la France en 8 super-régions
faisant de Nîmes la voisine de Biarritz et d'Ajaccio la périphérie
de Grenoble, la part belle faite aux listes folklos par abaissement
à 3% du seuil requis pour remboursement des frais de campagne
et la promotion de l'Europe confiée à des excités
de la soupape et autres majorettes de la ferme bleue.
Mais cela ne suffit pas à expliquer les raisons, fondamentales,
qui ont fait privilégier un positionnement en ordre dispersé
plutôt que se concentrer sur l'intérêt de la France
et de nos concitoyens et sur cela uniquement. A l'heure des commémorations
du débarquement en Normandie, chacun avait pourtant matière
à s'inspirer de l'adage suivant lequel l'union fait la force.
A elles seules en effet il serait douteux que les Forces Françaises
Libres aient pû prendre pied sur les plages de la France occupée
! On sait que l'appel à la résistance lancé par
le Général de Gaulle, opportunément redécouvert
par beaucoup aujourd'hui, s'adressait non pas à une partie seulement
mais bien à l'ensemble des français, qu'il invitait à
s'unir par delà les doctrines dans le but exclusif de libérer
la nation de ses occupants.
Alors maintenant l'élection est passée. Au delà
des résultats, l'enseignement est clair : l'abstentionnisme grimpe
et atteint d'un scrutin à l'autre des niveaux exposant notre
démocratie à des dangers et des dérapages suscités
par la confiscation chronique du débat civique. Au premier chef
du mépris, on trouve la non consultation citoyenne dès
lors que l'avenir de la Nation se trouve engagé sur des questions
essentielles. Eh quoi, on appelle l'arbitrage du peuple sur la question
de savoir si son président doit rester en place 5 ans ou 7 ans,
mais on néglige de prendre son avis sur l'abandon de la monnaie,
de ses frontières, de sa justice, du transfert d'une partie du
stock d'or à Francfort, du détricotage de la constitution
nationale pour la remplacer par celle artificielle, d'une Europe de
carton ! Allons, il faut continuer maintenant plus que jamais à
résister, et réclamer un référendum sur
cette constitution qu'on veut nous imposer. Mais cela ne suffit pas.
Encore faut-il que le Chef de l'Etat s'engage à se conformer
effectivement au résultat de cette consultation citoyenne dans
des conditions tenant compte du desiderata populaire et non, en prenant
ses arrangements tels ceux pris à l'encontre des Irlandais dont
on a entendu que " ce n'est pas leur non à l'Europe qui
empêcherait celle-ci de se faire " !!!
Christian Stryhanin - Président de Debout la France